« Kuessipan » Naomi Fontaine

« Kuessipan est le récit des femmes indiennes. Autant de femmes, autant de courages, de luttes, autant d’espoirs ».
Quelle jolie promesse d’histoire pour ce premier roman…
Logo 68J’ai lu ce livre d’une traite, je l’ai fini il y a bientôt trois semaines et pourtant je n’en ai encore rien dit…

Comme à chaque fois pour ce projet 68 je ne lis aucune des autres chroniques, aucune des critiques ou de ce qui a pu paraître dans la presse avant de livrer mon ressenti.
Je l’ai donc commencé avec pour seule influence le joli petit mot qui m’était adressé par sa lectrice précédente.

D’abord « Kuessipan » m’a mise en colère…pour de vrai…je me suis retrouvée avec des phrases courtes, encore une fois, comme si c’était devenu un phénomène de mode, comme s’il fallait impérativement se limiter à un sujet, un verbe, un complément…un point.

Et au-delà de ça, ce que j’aime par dessus tout quand je commence un livre c’est l’idée que l’auteur est en train de me faire un cadeau. L’imaginer se poser à son bureau ou ailleurs et fleurir des lignes pour me les offrir…Donner un peu de lui, de ce qu’il est, afin de créer ce bel objet que je tiens entre les mains et qui me permet de le rencontrer d’une certaine façon.

« Kuessipan » m’a fait l’effet inverse…Comme si Naomi Fontaine ne voulait rien donner, comme si cet univers, qu’elle semble si bien connaitre devait rester juste à la pointe de son stylo, comme si elle me donnait quelques éléments juste pour me les reprendre immédiatement.

J’ai beaucoup râlé en lisant le livre, je me suis demandée souvent pourquoi elle ne voulait pas nous donner complètement l’histoire, pourquoi j’avais l’impression qu’elle retenait les sentiments, le vécu, les lieux…
A plusieurs reprises j’ai failli fermer le livre, mon intuition me poussait à croire que Naomi Fontaine avait des choses à dire certainement de très jolies choses mais qu’elle n’était pas prête ou qu’elle n’en avait pas envie…puis je me suis dit qu’elle avait peut-être peur, qu’elle était peut-être très jeune, que ce premier roman n’était peut-être pas évident à réaliser…et j’ai continué…

Et j’ai eu raison…ma réponse est arrivée à la page 88…Après toutes ces pages de phrases courtes, de retenues, après tout ce qui m’a frustrée, ce nouveau premier paragraphe se remplit, les phrases s’allongent et se font touchantes, émouvantes. Alors je me dis qu’il se passe quelque chose, qu’elle est en train de sortir de sa coquille, qu’enfin j’ai l’impression qu’elle me fait ce cadeau que j’attendais tant.

Jusqu’à cette phrase qui pour moi explique, pardonne tout le reste…

« Mais ce que j’aurais aimé partager, c’est cette indicible fierté d’être moi, entièrement moi, sans maquillage et sans parfum, dans cet horizon de bois et de blancheur. De grandeur, qui rend humbles mêmes les plus grands de ce monde ».

Pour moi, c’est vous Mlle Fontaine que vous êtes venue chercher dans ce livre et c’est peut-être pour ça que j’avais l’impression que vous ne donniez rien. C’est vous, votre histoire et votre passé qui transpercent cette seule phrase.
Alors oui, j’ai trouvé qu’elle arrivait trop tard dans ce livre qui est court mais je l’ai trouvée tellement touchante cette phrase, cette mise à nue tellement pudique, cette fin si joliment écrite qu’elle a effacé tout le reste pour laisser la place à beaucoup d’espoir pour vos prochains romans…

Editions: Broché
Parution: 21/08/2015

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