Buzz et virage web…la sombre histoire d’un dicton « tronqué »

Lundi 7 décembre lors du journal de 20h Nicolas Sarkozy a fait le buzz bien malgré lui avec cette phrase : « passemoi la salade, je t’envoie la rhubarbe » qui n’a hélas rien à voir avec le dicton d’origine.
Twitter, Facebook, tous les nouveaux médias se sont emparés immédiatement de cet humour politique (involontaire) et la viralité a fait le reste…
Evidemment la délicieuse erreur de Nicolas Sarkozy n’a échappé à personne ! Cet humour politique (si tant est qu’on puisse l’appeler ainsi) conscient ou inconscient a toujours existé. De la presse papier au web on le retrouve partout. Ce que je trouve amusant toutefois c’est le virage que lui permet le web et de voir à quel point il s’adapte aux nouveaux médias et vice versa.

Au commencement était la presse…

Dans la presse écrite l’humour politique est un genre à part entière. Le canard enchaîné s’emploie depuis 1915 à se moquer des politiques qui modifient de manière involontaire ou volontaire les dictons voire même qui créent les leurs ! A tel point qu’il existe depuis 1988 un prix de l’humour politique dont la page Wikipédia retrace toutes les victoires dont celle-ci de Raymond Barre (archives INA). http://https://player.ina.fr/player/embed/I12104915/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/460/259/1

Mais le web a permis à ces petites phrases de prendre une importance que le papier ne permettait pas.

Viralité quand tu nous tiens…

Adaptées au format court des nouveaux médias (Twitter ou Facebook par exemple) leurs diffusions sont simples et leurs visibilités omniprésentes. Très rapidement la phrase de Nicolas Sarkozy a été relayée par les internautes ainsi que par les autres politiques qui on réagi quasi-immédiatement. Le partage, la viralité sont à leur apogée et la réinterprétation n’est pas loin.

On est tous le guignol de quelqu’un…

La réinterprétation est telle sur le web qu’on parle « d’Internet meme » ou en français un « mème ». La page Wikipédia explique : « Un mème internet est un anglicisme (venant d’« Internet meme ») utilisé pour décrire un élément ou un phénomène repris et décliné en masse sur internet. » et précise également un peu plus loin l’idée de modifier l’élément de base pour faire le buzz et se faire une place. A partir de la phrase de Nicolas Sarkozy est apparu très vite sur Twitter le hastag #sarkocitation et chacun y est allé de sa reprise et de son détournement.

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Voilà toute la puissance du web ! La phrase a été montée en épingle et tout le buzz qui s’est créé autour d’elle a certainement vidé un peu le discours de son sens.

Que ce soit par Facebook, Twitter, Vine ou tout autre média au format court, chacun peut avoir un rôle actif et citoyen immédiat en s’appropriant le discours politique.

Jusqu’à quel point ce discours reste-t-il crédible ? Estce que le risque n’est pas au fur et à mesure que le discours soit dénaturé, vidé de son sens au nom d’un humour qui marche toujours sur le net ?

capture d’écran Twitter

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